39 ans, chrétienne & célibataire : les émotions auxquelles je fais face


J'ai grandi avec l'idée que je me marierais jeune, que j'aurais des enfants et que je serais mère au foyer. Cela peut sembler démodé de nos jours, mais en grandissant, c'est comme ça que j'imaginais ma vie. C’est ce qu’avait fait ma mère, et ce qu’avait fait sa mère avant elle. A 18 ans, j’ai passé une année de bénévolat à l’étranger, j’ai étudié et obtenu un master… Toujours pas de mari. À l’époque, cela ne m’inquiétait pas outre mesure. J’étais jeune et j’avais plein le temps devant moi !
Quinze ans plus tard… je suis toujours célibataire. Il s’est passé BEAUCOUP de choses entre-temps dans tous les domaines de ma vie - des expériences incroyables et enrichissantes, et d’autres plus douloureuses. J’ai même failli me fiancer à un moment, mais cela n’a pas abouti.
Me voilà donc en 2026, une femme de 39 ans, célibataire et sans enfants. Si la jeune femme de 24 ans que j’étais voyait ma vie telle qu’elle est aujourd’hui, elle sombrerait probablement dans le désespoir... ! Me retrouver célibataire à 39 ans ne faisait absolument pas partie de mes rêves de jeune femme. J’irais même jusqu’à dire que c’était l’un de mes scénarios catastrophe que je pouvais imaginer à l’époque.
Et ben pourtant j'y suis désormais, et ma vie n'est pas horrible ;)
Aujourd’hui, je souhaite toujours me marier et fonder une famille. Et depuis vingt ans, Dieu me promet encore et encore qu’Il a des projets pour moi dans ce domaine. Je Le crois. Mais j’ai également dû marcher sur ce chemin du célibat et vivre dans la tension de promesses non encore réalisées. Et j’ai dû faire face à tout un tas d'émotions différentes en chemin.
Voici donc un petit aperçu des émotions auxquelles je fais face en tant que femme célibataire chrétienne de 39 ans. Ces émotions sont plutôt... hautes en couleur. Mon objectif est de mettre des mots sur certaines de mes émotions et, ce faisant, de vous aider à identifier des émotions dans votre vie.
Si vous êtes célibataire comme moi, j’espère que cela vous aidera à vous sentir vu·e et compris·e. Vous ne vivez peut-être pas les mêmes émotions que moi, mais j’espère qu’en lisant cet article, vous vous sentirez encouragé·e, un peu moins seul·e, et dans une certaine mesure validé·e.
Si vous n’êtes pas célibataire, je suis également contente que vous lisiez ces lignes. Nous sommes tous confrontés à toutes sortes d’émotions au quotidien, et il est toujours utile de lire les expériences des autres pour mieux comprendre nos propres émotions. Et puis vous attendez peut-être vous aussi la réalisation de promesses dans votre vie. J’espère enfin que mon témoignage vous donnera un petit aperçu de la vie des célibataires chrétiens qui vous entourent.
Ceci étant dit, je propose qu'on se lance dans notre petit inventaire.

LA PEUR
Commençons par la peur : la peur de la solitude, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de ne pas s’en sortir financièrement, la peur de passer à côté de quelque chose, la peur de l’intimité, la peur du rejet…
Tellement de peurs différentes.
La peur est une émotion que nous ressentons lorsque notre cerveau estime que nous sommes en danger. À la base, c’est une émotion très utile lorsqu’il faut nous alerter en temps réel d’un danger afin que nous puissions nous mettre en sécurité. Mais au-delà de cette fonction fondamentale, la peur peut devenir une source de souffrance émotionnelle.
Prenons l’exemple de la peur du rejet. Dans mon adolescence, j'ai été victime de harcèlement de la part de garçons, ce qui a laissé une blessure dans mon cœur concernant ma relation avec les hommes en général. Tant que cette blessure n’était pas guérie, je projetais les peurs générées par mes expériences passées sur mes interactions avec les hommes – même ceux qui étaient gentils et respectueux. J’ai dû laisser Dieu guérir mon cœur pour pouvoir me sentir plus confiante et valorisée en tant que femme.
La peur nous fait également du mal lorsque nous la projetons dans l’avenir. Le fait est que nous n’avons pas été créés pour vivre dans le futur. Nous avons été faits pour vivre un jour à la fois. Dieu nous accorde chaque jour sa grâce pour aujourd'hui. Mais au fil des années, je me suis souvent laissée embarquer par des pensées « et si… » qui tournaient en boucle dans ma tête. "Et si je ne me mariais jamais… Et si je n’avais jamais d’enfants… Et si je finissais pauvre et seule… Et si je mourais dans la rue…" C’est très dramatique, je sais - mais c’est précisément l’effet que la peur peut avoir sur nous.
Pour être honnête, ce genre de peur est un vieil ennemi pour moi, et pas seulement en ce qui concerne le célibat. Mais au fur et à mesure j’apprends ceci : je peux confier mes peurs à Dieu. Quand la Bible dit « ne crains pas », c'est moins un commandement, mais plutôt la voix rassurante de Dieu qui me dit qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur, car Il est toujours avec moi. Donc au fur et à mesure que j’apprends à connaître ce Dieu qui est constamment à mes côtés, qui s’est déjà projeté dans mon avenir et a mis en œuvre de bons projets pour moi, même si je n’y suis pas encore… j’apprends à avoir moins peur. J’apprends à faire confiance et à espérer. Mais c’est tout un processus.
LA HONTE
L’émotion la plus douloureuse à laquelle j’ai dû faire en tant que célibataire, c’est la honte. Il m’a fallu un certain temps pour reconnaître cette émotion en moi, mais une fois que je l’ai identifiée, je me suis rendu compte qu’elle imprégnait toute ma vie.
La honte, c’est quand on a le sentiment que ce que je ne suis pas assez ; que si les gens me voyaient telle que je suis vraiment, ils me considéreraient comme moins digne d’intérêt, me mépriseraient ou me rejetteraient. Au fond, la honte est une peur profonde du rejet et de la déconnection.
Je me souviens encore du moment où j’ai pris conscience que j’avais honte d'être célibataire. J'avais ce sentiment en moi que parce que je n'étais pas mariée, les gens devaient me considérer comme imparfaite ou inférieure, ou en d'autre mots « pas tout à fait à la hauteur ».
D’après mon expérience au sein de l’Église en général, les gens ne savent pas toujours quoi faire des célibataires, en particulier les femmes. Il y a une certaine attente que les gens devraient se marier, et quand ils ne le font pas, on se demande parfois s'il y a quelque chose qui cloche chez eux. En tant qu'adolescente, je me souviens avoir observé moi-même les femmes célibataires d’un certain âge en espérant que cela ne m’arriverait jamais.
Au cours des dix dernières années, Dieu m'a progressivement libéré de l’emprise de la honte. En fait, l’antidote à la honte, c’est une connection authentique. C’est la chose dont on a besoin, mais aussi celle qu'on redoute le plus… Car nous craignons que si nous nous ouvrons véritablement à quelqu’un et que nous sommes rejetés malgré tout, cela ne fera que confirmer notre plus grande peur. Ces dernières années, j’ai appris à être pleinement présente avec moi-même lorsque je ressens de la honte, à l'amener à Dieu aussi et à la partager avec des personnes de confiance.
Pour être honnête, il m'arrive encore d'éprouver de la honte. Parfois, quand je parle avec des gens de mon âge et qu’ils me parlent de leurs enfants, de leur couple, de leur maison… La honte tape à la porte. Je me sens inférieure et j'ai l'impression d'avoir loupé des étapes. Ce sont des mensonges bien sûr, mais à ce moment-là, je me sens laissée pour compte. C’est un sentiment terrible.
Mais aujourd’hui, je sais un peu mieux comment réagir. Je me permets de ressentir cette honte, j’invite Dieu à entrer dans cette douleur et j’en parle avec des personnes autour de moi si besoin. La honte n’a aucun pouvoir face à une connection authentique et empreinte d'amour.

LA TRISTESSE & LE DEUIL
Je ne veux pas paraître trop pessimiste et je parlerai d’émotions plus légères dans un instant, c’est promis ;) Mais avant de passer à la suite, j’aimerais m’attarder sur la tristesse et le deuil qui ont constitué une partie précieuse et utile de mon parcours. Je vous explique pourquoi.
La tristesse est une émotion que nous ressentons après avoir vécu une déception, une blessure ou un revers temporaire. Nous la ressentons tous à un moment ou à un autre de notre vie sur terre, tout simplement parce que nous vivons dans un monde imparfait. La tristesse est une émotion qui nous invite à ralentir un peu, à reconnaître ce qui nous a blessé, à trouver du réconfort, à guérir, pour enfin aller de l’avant.
La meilleure illustration de la tristesse que je connaisse, c’est quand des petits enfants tombent et se font une petite égratignure. Après un petit moment de choc, du genre « qu’est-ce qui vient de m’arriver ? »… c’est le drame ! Ils se mettent à pleurer et courent vers quelqu’un en qui ils ont confiance. Ils ont besoin de vous montrer exactement où ça fait mal, ils sanglotent et vous disent à quel point c’est horrible, et « oh, il y a du sang ! »… Vous les rassurez, vous nettoyez la plaie, vous y mettez un joli pansement, vous leur faites un bisou, vous les tenez dans vos bras… Et lorsqu’ils sentent que leur douleur a été entendue et reconnue et qu’ils ont reçu le réconfort dont ils avaient besoin, ils sautent de vos genoux et recommencent à jouer comme si de rien n’était. Avez-vous déjà été témoin de ça ?
Bon, nous n'avons peut-être plus 4 ans, mais la tristesse fonctionne de la même manière pour nous. Nous ne fondons peut-être pas en larmes sur-le-champ (même si ça peut être libérateur à un moment donné !), mais la tristesse a besoin d’être exprimée et reconnue, même à l’âge adulte. Et si vous êtes célibataire, je parie que vous avez dû faire face à des déceptions au fil du temps. Personnellement, ça m’est certainement arrivé et j’ai ressenti de la tristesse face à ça.
Mais par moments, j’ai dû faire face à bien plus que de la simple tristesse. J’ai dû faire un deuil. On associe souvent le deuil à la perte d’un être cher. Mais en réalité, on peut vivre un deuil chaque fois qu’on perd quelque chose qui a de l’importance pour nous.
La chose la plus importante pour laquelle j’ai dû faire mon deuil, ce sont mes propres attentes concernant le timing dans ma vie. Vers le milieu de la trentaine, j’ai commencé à réaliser que je quittais peu à peu ma "jeunesse". Depuis toute petite, j’avais toujours espéré me marier et avoir des enfants alors que j’étais encore jeune. Mais à ce moment-là, j’ai pris conscience que cela n’arriverait pas comme je l'avais imaginé.
Les voilà : la perte. Le deuil. Si réels que j’avais comme un goût de cendre dans la bouche. J’en savais assez sur le deuil pour comprendre que si je ne l’affrontais pas, je ne m’en remettrais jamais et je resterais bloquée dedans.
Alors j'ai choisi d'y faire face. Chaque jour, j’ai délibérément pris le temps de me regarder en face ce rêve impossible, et j’ai accueilli toutes les émotions qui venaient avec. J’ai pleuré. Je suis restée assise en silence. Je me suis mise en colère. Je suis restée allongée sur le parquet de mon appartement et j’ai versé des larmes tout en déversant mon coeur à Dieu.
C’était pour le moins désagréable, mais je savais que je devais faire ce deuil. Au milieu de cette souffrance, je savais au fond de moi que quelque chose de différent et de tout aussi bien (voire mieux), pourrait m’arriver un jour. Mais ce rêve précieux tel que je l'avais toujours imaginé ne se réaliserait jamais et je devais l’accepter.
Au bout de quelques semaines, ces émotions ont commencé à me être un peu moins accablantes. J’ai recommencé à ressentir des petits moments de joie et de calme. La tristesse était toujours là, mais je pouvais à nouveau fonctionner. J'ai continué à rester avec mes émotions en les laissant s’exprimer, et je suis progressivement sortie de ce cette phase vers un espoir renouvelé.
Ce fut l’un des processus de deuil les plus intenses que j’aie traversés jusqu’à présent. Aujourd’hui, je suis tellement heureuse d’avoir affronté cela de front. Car une tristesse qui n'a pas été exprimée pèse très lourd sur l’âme et le corps.
En tant que croyants, nous devons souvent composer avec des tensions. Nous pouvons croire que Dieu a de bons projets pour nous quoi qu’il arrive, et nous pouvons regarder en face ce que nous avons perdu et faire le deuil. La tristesse et le deuil ne sont pas un manque de foi, mais une invitation à les amener dans la présence de Dieu. Si quelque chose est important pour vous, c'est important pour Dieu également. Nous pouvons nous présenter devant Lui avec tout ce qui nous tient à cœur, et pas seulement les aspects 'corrects' ou 'spirituels'.
Aujourd’hui encore, je ressens parfois de la tristesse, et il m’arrive encore de devoir faire le deuil de certains aspects de ma vie de célibataire. Mais au lieu de refouler ces émotions, j’ai appris à les accueillir avec bienveillance, à faire preuve de compassion envers moi-même et à les amener dans les bras aimants de Dieu. Avec Lui, je peux être moi-même, sans avoir besoin de faire semblant. Il me prend dans ses bras et m’aide à trouver du réconfort.
LA JOIE
J’ai commencé en évoquant des émotions douloureuses, mais je le dis haut et fort : il y a également plein de joie dans ma vie de célibataire !
Pour commencer, il y a toutes les petites joies du quotidien – vous savez, celles qui mettent un peu de paillettes dans la vie ! Un arc-en-ciel sur fond d'un ciel pluvieux, des papillons virevoltant dans une prairie ensoleillée, une bonne tasse de thé accompagnée d’un morceau de chocolat noir, un bon livre audio…
Puis il y a la joie de passer du temps avec des enfants et de rire avec eux ; la joie d'être en communauté et de se réjouir dans la louange ; la joie de la bonne nourriture et les milliers de manières dont Dieu pourvoit… Tant de choses à apprécier et pour lesquelles je peux être reconnaissante.
Mais ma plus grande joie en tant que célibataire, c’est le temps et l’espace dont je dispose pour développer et profiter de ma relation personnelle avec Dieu. Il n’y a rien de comparable. Alors que mes amis mariés ont généralement des journées très remplies, entre leur travail, les enfants et une longue to do… j’ai beaucoup plus d’espace pour simplement être.
Paul aborde la question du célibat et du mariage dans 1 Corinthiens 7. En gros, il dit que le mariage et le célibat sont tous deux bons. Au milieu de son exposé, une phrase résonne particulièrement dans mon coeur : « De même, une femme qui n'est pas mariée ou une jeune fille se préoccupe des affaires du Seigneur, car elle désire être à lui dans tout ce qu'elle fait et pense; mais celle qui est mariée se préoccupe des affaires du monde, elle cherche à plaire à son mari. » (1 Co 7, v. 34-35, Bible en français courant).
C’est là le plus beau cadeau – et la plus grande joie – du célibat. On peut se concentrer entièrement sur Dieu. Passer des heures avec Lui. Apprendre à Le connaître. Savourer Sa présence. On est (plus ou moins) maître de son emploi du temps, ce qui permet de passer du temps avec Dieu. Il devient tout pour nous. Rien n’est comparable à ça.
Comme je l’ai déjà dit plus haut, j’ai toujours très envie de me marier. Mais je suis de plus en plus convaincue de ceci : l’intimité avec Dieu qui s’est développée au cours de cette longue période de célibat en valait vraiment la peine.
Mais je le redis : j'ai des désirs dans mon coeur qui ne sont pas assouvis, et je ressens cela. Mais c’est là toute la beauté des émotions : elles peuvent toutes coexister en même temps ! Alors oui, je ressens parfois de la douleur. Mais je ressens aussi une joie profonde à connaître Dieu de manière si intime, et je me réjouis de cette belle relation que nous avons. Je ne l’échangerais pour rien au monde.

LA SOLITUDE
N'est-ce pas intéressant que j’évoque la solitude juste après vous avoir dit que Dieu est devenu tout pour moi ? Rappelez-vous ceci : en tant que croyants, nous devons régulièrement composer avec des choses qui paraissent contradictoires. Les deux choses suivantes peuvent être vraies en même temps : je peux être pleinement comblée dans mon intimité avec Dieu et je peux me sentir seule et désirer un partenaire.
Dieu Lui-même a dit après avoir créé le premier être humain : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gen 2, 18). Mais attendez un peu… Il a dit cela avant la chute ! À ce moment-là, Adam était en parfaite communion avec Dieu. Et pourtant, Dieu a dit que quelque chose n’allait pas, car Adam avait besoin d’une aide qui lui soit adaptée. Même lorsque nous avons une belle relation avec le Seigneur, nous sommes quand même faits pour partager notre vie avec les autres.
Par contre, cela ne passe pas nécessairement passe par un partenaire. Je le dis clairement : en tant que célibataires, nous ne sommes pas condamnés à la solitude. J’ai vécu des périodes incroyables dans ma vie où je me sentais pleinement vivante et comblée avec de bons amis, ma famille, mon église, mes collègues… Je n’avais pas l’impression qu’il me manquait quoi que ce soit, alors même que j’étais célibataire.
Mais il y a eu d’autres périodes aussi. Des périodes de solitude et d’isolement. Je crois que, dans une certaine mesure, chaque chrétien traverse ce genre de périodes à un moment ou à un autre de sa vie. Si Jésus a été conduit dans le désert par le Saint-Esprit, et si de nombreux héros de la foi ont traversé avant nous des périodes difficiles de souffrance et d’isolement, il en sera de même pour nous si nous suivons Jésus. Au cours de ces périodes, Dieu nous affine et nous rapproche de Lui. Mais nous ne sommes pas appelés à rester dans le désert pour toujours.
Ces derniers temps, Dieu m'a rencontré dans les endroits de mon coeur où je me sens seule. J’ai pris conscience une fois de plus que la solitude n’est pas l’absence de communauté, mais l’absence d'une connection authentique. On peut être entouré de gens et se sentir quand même seul.
Mais j’apprends aussi que le remède à la solitude, c’est l’authenticité empreinte d’amour. J’essaie donc de cultiver l’authenticité dans ma propre vie, tout d’abord dans ma relation avec la Trinité, avec moi-même et avec tous ceux qui m’entourent. Ce n’est pas toujours facile, mais cela en vaut vraiment la peine.
LA COLÈRE
En dressant la liste des émotions dont je voulais parler, j’ai failli oublier la colère… ! En effet, dans mon cheminement de célibataire, celle-ci s’est progressivement effacée au second plan. Pourtant, au début et au milieu de ma trentaine, j’éprouvais beaucoup de colère envers Dieu parce que j’étais célibataire.
La colère est une émotion que l’on ressent lorsque l’on se sent menacé·e et/ou impuissant·e, ou lorsque l’on a l’impression d’être traité·e injustement. C’était certainement le cas pour moi : je me sentais traitée injustement par Dieu, qui ne me 'permettait' pas de trouver un mari. Il m’arrivait donc d’être en colère.
Mais il est intéressant de noter que la colère est aussi une émotion qui peut masquer d’autres émotions, telles que la tristesse, la honte, la peur... Le problème, c’est que nos véritables besoins émotionnels sont cachés dans les émotions plus profondes qui se trouvent sous la colère.
Pour ma part, je pense qu’une partie de ma colère envers Dieu masquait des blessures bien plus profondes, dont les racines allaient bien au-delà de ma simple situation. Au fur et à mesure que Dieu a guéri mon coeur, celui-ci s’est adouci. Désormais, il m’est beaucoup plus facile de reconnaître : « Je ressens de la colère, mais en réalité, au fond de moi, je me sens seule, triste ou honteuse », etc. Je peux donc encore ressentir de la colère parfois, mais je comprends plus rapidement ce qui se cache derrière. Une fois que j’ai accès à ces émotions plus profondes et plus tendres, je peux les accueillir et les présenter à Dieu afin que mon cœur soit réconforté et trouve la guérison.
D’ailleurs… Une autre raison pour laquelle je ressens moins de colère est que je crois de plus en plus que Dieu est le grand Rédempteur de ma vie. Et cela me donne de l’espoir.

L'ESPÉRANCE
L'autre jour, une amie m'a dit dans une conversation : « Mareike, en fin de compte, ta vie est un chemin d'espérance ». J'ai ricané un peu, en pensant en moi-même : « C'est le genre de chose qu'on dit aux gens dont la vie est en ruines » (j'étais d'humeur plutôt dramatique ce jour-là). Elle a insisté : « Non, vraiment, c'est vrai ! Tu as surmonté tellement de choses ».
Depuis, j'ai réfléchi à ce qu'elle m'a dit, et elle a raison. Le paradoxe que j’ai vécu dans ma vie, c’est que plus j’ai rencontré de difficultés et d’échecs, plus l'espérance dans mon coeur a grandi. Pas toujours sur le court terme, mais certainement sur le long terme. Pourquoi ?
D’un point de vue psychologique, l’espoir n’est pas une émotion en soi. Il s’agit davantage d’une façon de penser et de fonctionner qui anticipe l’avenir avec optimisme, en s’appuyant sur nos propres capacités et la poursuite de nos objectifs. Ceci engendre alors des « émotions positives » – c’est pourquoi on peut dire qu’on se sent plein d’espoir.
L’espérance biblique est différente, car sa source réside dans la foi profonde en la nature et les promesses de Dieu. Dans les hauts et les bas de ces vingt dernières années, je peux vraiment témoigner que j’ai rencontré Dieu. Encore et encore. Dans le chaos, dans les questions et les doutes, dans les combats et les victoires, pendant les périodes d’abondance et de manque... Et à chaque saison, Il m’a révélé une nouvelle partie de Lui-même. J’ai appris à connaître Dieu et ma foi en Son caractère et en Ses promesses s’est renforcée.
La Bible dit : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on en voit pas. » (Hébreux 11:1). Alors que j’ai appris à mieux connaître Dieu, mon espoir et ma confiance en qui Il est se sont renforcés, et ma foi s’est donc également développée.
Et par rapport au célibat : aujourd’hui, je crois plus que jamais que je me marierai un jour, car Dieu l’a confirmé de pleins de façons. Il m’arrive encore d’être confrontée à toutes les émotions décrites ci-dessus, mais l'espérance grandit en moi. La beauté dans tout ça, c’est que cela ne dépend pas tant de ma situation que de ce Dieu merveilleux qui est avec moi et dont les promesses sont vraies.
L'ENTHOUSIASME & L'EXCITATION
Je terminerai cet inventaire par une émotion que je ressens régulièrement en ce moment : l’enthousiasme et l'excitation. C’est une émotion que l’on éprouve lorsque l’on s’attend à ce que de bonnes choses arrivent dans le futur. Pendant de nombreuses années, je vivais plutôt avec un sentiment tranquille de satisfaction vis-à-vis de ma situation, en d'autres mots : « la vie telle qu'elle est me suffit ». Je gérais bien sûr les différentes émotions au fur et à mesure qu’elles faisaient surface, mais en parallèle, je me contentais de ma vie telle qu'elle était.
Mais en ce moment – c’est difficile pour moi de mettre les mots exacts sur ce que je vis, je ne vais donc pas m’étendre indéfiniment sur le sujet – je sens au plus profond de moi que les choses sont sur le point de changer. Les 'soudains' de Dieu vont se produire (et pas que pour moi). Diverses voix prophétiques que j’entends disent la même chose : des promesses de longue date vont bientôt se réaliser.
Pour être honnête, je ne sais pas exactement ce que cela implique pour moi. Peut-être que je vais rencontrer quelqu’un et me marier, et peut-être que je vais encore devoir attendre. Mais en fin de compte, quoi qu’il arrive, je sais une chose : Dieu est bon. Et il prendra soin de moi.
Nous y voilà donc : huit émotions que je ressens en tant que chrétienne célibataire de 39 ans. J’espère que cela vous aura aidé, vous aussi, à mettre des mots sur vos propres émotions, quelle que soit votre situation. Le fait d'être conscient de ses émotions est bien plus qu’un concept à la mode ; c’est l’une des compétences les plus importantes que nous puissions apprendre au cours de notre vie. Nous la développons en faisant preuve de curiosité et en nous posant régulièrement les questions suivantes :
Qu'est-ce que je ressens en ce moment ?
Quelles sensations est-ce que je remarque dans mon corps ?
Quel est le besoin derrière mon émotion ?
Les émotions font partie intégrante de notre expérience humaine. Ce sont des signaux précieux que Dieu nous a donnés, et elles nous transmettent des informations utiles qui nous aident à naviguer dans la vie. Certes, elles ne reflètent pas toujours la vérité absolue, mais les informations qu’elles nous fournissent sur l’état de notre âme et nos besoins doivent être écoutées et prises en compte.
Que vous soyez célibataire en recherche d'un·e partenaire, ou que vous attendiez d'autres promesses dans votre vie (peut-être depuis longtemps), j’espère que vous avez pu en tirer quelques clés pour gérer vos émotions dans votre cheminement.
Je terminerai cet article en vous rappelant que vous pouvez éprouver toutes sortes d’émotions, même celles qui sont douloureuses et désagréables, tout en ayant la foi. Ces deux choses ne s’excluent pas mutuellement. Les émotions sont toujours une invitation à venir à Dieu et à les gérer avec Lui. Le simple fait de se tourner vers Lui est un acte de foi en soi, car nous croyons qu’Il est là et qu’Il nous écoute !
Il existe tant d’exemples de héros de la foi qui ont déversé devant Dieu leurs émotions profondes et douloureuses – y compris Jésus Lui-même. Donc lorsque vous ressentez toutes sortes d’émotions, même celles qui semblent 'désordonnées', le Père est là, à côté de vous, prêt à vous accueillir. Et Il se réjouira d’être à vos côtés dans ces moments-là.
Et alors que tu prêtes davantage attention à tes émotions, que tu les identifies et que ton âme guérit, je prie pour que tu rencontres Dieu au milieu de tout ça. Car en fin de compte, quoi qu’il arrive dans ta vie ou n’arrive pas, Le connaître Lui est le véritable sens de notre vie.



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